Dans une pharmacie moderne de centre ville. Ambiance sérieuse et aseptisée. Bizarrement, les deux préparatrices s'occupent de la même cliente, au comptoir. Plus loin, à 2 ou 3 mètres, un drôle de type. Petit, les cheveux négligés, un manteau élimé, des chausures en fin de vie. Il a l'air exagérément digne. Il s'appuie sur une canne. Il lance des regards qu'il veut hautains et détachés en direction d'un autre client qui vient après lui, et qui se tient à bonne distance..
Ben oui, car le drôle de type dégage une puanteur insoutenable.Une odeur choquante, incongrue dans ce lieu si propre, aseptisé, civilisé.
On comprend le peu d'empressement des préparatrices à servir le monsieur.
D'autres clients arrivent, mais le drôle de monsieur est toujours entouré du même cordon sanitaire.
La place au comptoir se dégage. la cliente qui s'en va ne fait semblant de rien. Le type s'approche.
Une préparatrice (l'air affolé et dégouté) :  Pour monsieur ?
Le type (en se penchant) : [...]  Marmonne quelque chose d'inaudible.
La préparatrice (énervée et dencore plus dégoutée) : Comment ?
Le type parle à voix basse. La préparatrice est obligée de se pencher tout à fait vers son oreille. Enfin elle comprend. Elle va chercher ce qui lui est demandé, sert vite le type, qui paie et part d'un air très digne.
Il est suivi des regards méprisants, génés, misericordieux des autres.
Quelques rires confus après qu'il est sorti.
Une préparatrice vaporise du parfum dans toute l'officine.