Repas de midi. Pas de travail en vue, je m'autorise à boire deux verres de vin blanc. Pendant le repas chacun est pris dans ses soucis, il y a des silences un peu insistants. Aussitôt après le café je pars m'allonger...
... Et les pensées peu à peu se calment. Les yeux fermés, le vilain jour gris et uniforme n'est plus là pour m'embêter. Il y a comme un manège qui tourne lentement dans ma tête, comme un souvenir de fée, aperçue un jour d'enfance...
... Je reviens dans le jour gris. Ma femme part au travail, elle me dit qu'elle rentre tard, les petits ennuis domestiques sont de nouveau là. La porte en bas se referme...
... Je recherche le pays d'où je viens. Je n'en ai plus de souvenir sinon celui d'un chaleureux bien-être... Et bientôt j'y suis, mais je ne suis plus là, je ne suis plus personne, il n'y a plus de bruit, il y a comme des vagues qui caressent un rivage lointain. Pourtant je sais que tout à l'heure quelqu'un doit sonner, doit arriver, et je compte...
Je compte et à l'heure dite je suis debout.