Eh oui, à la fin il faut dire "oui", ou "non". Le principe du referendum est d'une brutalité sans pareille, il n'y a pas de "oui, si", ni de "non, mais"...
Une possibilité est de refuser de rentrer dans ce dilemme, et s'abstenir. Cela n'a à mon avis rien de déshonorant. Mais d'un autre coté, ne dédaignons pas le moment où la démocratie retourne à son fondement, où le peuple est réellement souverain.
Voilà un extrait de courrier que j'ai reçu par une liste de distribution. Les arguments développés me semblent recevables, ils se développent au plus près du texte :
«... Étude de la Charte (partie II), je reprends les arguments de Duhamel. Il fait remarquer que ces droits ont comme caractères communs *l'universalité*, *l'indivisibilité* et la *justicialité*.
*Universels*, ils s'appliquent pour leur presque totalité à "toute personne" (et non pas seulement "l'homme" et le "citoyen"). Les articles II-78 et II-79 donnent à cet égard des outils à ceux qui luttent pour le droit d'asile et la protection des réfugiés, outils que l'on peut retourner contre un Etat (et la question n'est pas rhétorique).
*Indivisibles* : ils mettent sur le même plan les droits politiques mais aussi économiques et sociaux, ce qui est très important, il n'y a pas de hiérarchie. Enfin,
*justicialité* le particulier peut attaquer l'Etat ou l'entreprise qui n'aurait pas respecté : la non-discrimination, l'égalité de traitement
entre hommes et femmes, la protection sociale, l'aide au logement pour les plus démunis. Mieux, les organisations syndicales ou
les partis politiques pourront dénoncer les atteintes à "l'accès aux services d'intérêt économique général" II-96.
Si l'on combine ceci avec la section 2 de la fameuse troisième partie (art. III-209 à III-219) intitulée "Politique sociale" on peut constater que la présence d'un "conseil de la protection sociale à caractère [bien entendu !] consultatif" III-217 mais aussi un rapport annuel de la commission au Parlement" où la commission consacre "un chapitre spécial à l'évolution de la situation sociale dans l'Union" III-218 offre des outils qui ne vaudront bien entendu que ce que l'on en fera mais dont la présence *instituée* a son importance. L'article ajoute "Le Parlement européen peut inviter la commission à établir des rapports sur des problèmes particuliers concernant la situation sociale". Invite ? On aurait préféré "demander" voire "obliger", et puis "rapport" bien entendu cela peut finir dans un tiroir mais cela peut aussi finir dans la presse (comme l'affaire Bolkestein, sans parler de la muflerie vis à vis de Barroso)...»