Une exposition au musée Picasso, Paris, jusqu'au 30 mai.
1927, Paris. Francis Bacon visite une exposition de 100 dessins de Picasso, et il décide de s'engager lui aussi dans la peinture.
Je ne crois pas qu'on puisse dire qu'on "aime" la peinture de Francis Bacon. On voudrait au contraire la rejeter, l'ignorer, mais elle est là, évidente, et pourtant on ne peut s'y confronter.
Tout commence peut-être par les "femmes d'Alger" de Delacroix.
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Comme pour d'autres oeuvres, Picasso va disséquer, analyser, recomposer ce tableau en d'innombrables dessins, gravures, dont quelques sont présentés ici.
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Et puis, Bacon : "Il y a tout un domaine que Picasso a ouvert et qui, dans un certain sens, n'a pas été exploré : une forme organique qui se rapporte à l'image humaine mais en est une complète distorsion."
Eh oui, Bacon s'engouffre dans cette brèche faite dans l'apparence, il va pousser la distorsion jusqu'à un paroxysme insoutenable.
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Bacon: "Il y a une merveilleuse figure qui ouvre une sorte de porte, sur une plage [...] Pour moi, ce sont parmi les oeuvres les plus excitantes de Picasso. Je les trouve plus humaines, plus poignantes, plus au coeur des choses, des sentiments."
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Picasso, la baigneuse à la cabine.


















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Bacon, un des éléments du tryptique à la mémoire de George Dyer






















En complément à cette expo, on ne manquera pas d'aller au sous-sol du musée voir les archives de l'atelier Bacon. On y découvre le travail au jour le jour de l'artiste, la figure inspiratrice et obsessionelle qu'était pour lui Picasso. On est au plus près du mystère de la création. Qu'on en juge sur la présentation d'un des documents :
« Atelier de Francis Bacon du 7, ReeceMews. Édition anglaise de conversations avec Picasso, 1964, Picaso and company, Londres, Thames and hudson,1964. Inséré entre les pp76 et77, photographie découpée de Picasso, son fils Claude et Madame Weissmuller assistant à une corrida par Brian Bake (magnum), 1955, tirée de life with Picasso, de Françoise Gilot et Carlton Lake, réédition, Lake et Edinburgh, Thomas Nerlson,1965, planche 10 d'un portfolio non paginé inséré entre les pp 312 et313. Cliché noir et blanc imprimé sur paier offset portant des grattages et déchirures ainsi que des traces de suie et un jaunissement du papier provoquées par une flamme, s.d., 16,3 x 7,7cm. Paris, musée Picasso, don Barry Joule, 2004, MP 2003-57.51 »