Premier arrêt, même pas le temps de se retourner : Avignon. Gare ultra moderne, mais construite - en plein soleil, pas un poil d'ombre, et sur le modèle de la verrière, en plus ! - pour que les gens qui passent par Avignon, la ville la plus chaude de France, peut-être du monde (j'exagère), aient encore plus chaud que dans la ville !

Après, le tgv prend son temps, et on voit passer sous ses yeux :

Le Canet

Marseille Blancarde

St Marcel

Aubagne

St-Cyr les cadaquières

" Des golfes clairs "

Une rue perpendiculaire à la voie, débordante de soleil

Toulon

La Garde

Des cyprès

Bref tout un pays familier, visité, revisité par des peintres, des artistes de toute époque, abîmé, quelquefois défiguré, mais qui garde tout son mystère et toute sa magie.

Au retour je regarde de nouveau, maintenant avec quelque nostalgie, la grande bleue qui déploie ses fastes sous un soleil chaleureux, désormais automnal. Je suis surpris par l'indifférence des voyageurs : ils ferment le rideau car dérangés par le soleil, ils préfèrent regarder un dvd plein de gros durs, ils passent le temps, comme si le voyage lui même n'avait pas d'importance, était juste du temps perdu, le déplacement obligé d'un point à un autre.

On devine plus que l'on ne la voit la rade de Marseille, on contourne l'agglomération, on entrevoit sa complexité, sa densité humaine. Et puis le train prend la direction du nord, à toute allure, petit à petit le paysage change, les prairies se font plus grasses, on passe et repasse au dessus du Rhône. Le soleil, toujours chaleureux, dessine avec d'immenses nuages un interminable couchant, qui vous accompagne jusqu'à la banlieue parisienne…