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Jean-Baptiste Camille Corot, La Mélancolie, vers 1860;
Huile sur toile 48 x 36 cm
Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, inv MIN 1834

«... nous ressentons profondément les sentiments suggérés par le peintre, en raison des seuls choix d'éclairage et de posture du modèle. la représentation picturale de la mélancolie devient alors une fin en soi, une abstraction, évoquée sans aucune volonté de compréhension ou de justification.»
(V. Pomarède, dans le livre Mélancolie, génie et folie en occident, sous la direction de Jean Clair, ed. Gallimard, catalogue de l'exposition.)
J'en profite pour reproduire la stèle funéraire de Démocleides (Paris, Musée du Louvre), qui, dans son dépouillement, m'a fait penser à certaines peintures chinoises qui font vibrer le vide :

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Mettent le vide, l'absence, au centre de l'oeuvre...

 

 

 

Enfin, pour une autre passante, retour sur En écoutant Schumann, 1883, de Fernand Khnopff, huile sur toile, 101,5 x 116,5 cm, Bruxelles, musées royaux des beaux-arts de Belgique :

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«Le lien entre entre l'atmosphère mélancolique et la musique s'établit par l'intermédiaire du pouce de la main où s'appuie la joue, qui est pointée vers l'oreille, elle-même très clairment placée au centre du tableau. le poète Émile Verhaeren, qui faisait partie au même titre que Khnopff de l'avant-garde belge des XX, relie cette expérience d'un "je ne sais quoi d'austère et douloureux" à l'esthétique de toute une génération... Et ce n'est pas par hasard que l'auditrice écoute un morceau, de Robert Schumann, compositeur préféré de Khnopff, dont la biographie est marquée par le génie et par un tempérament dépressif qui le mena jusqu'à la folie.»
(K. Thomas, in op.cit.)

Mélancolie, génie et folie en occident : le catalogue. Un beau livre.