et balnéaire.

 

Oui je sais pour cette année c’est trop tard. Peut-être l’été de la Saint Martin pour certains d’entre nous ?

 

Premier exercice.

 

Matériel nécessaire : une houle légère et régulière, un maillot de bain.

 

Vous nagez le long de la grève, là où il y a peu de fond, à l’endroit juste, avant que les gentilles vagues ne se brisent (on ne peut pas dire qu’elles déferlent, ni qu’elles se brisent d’ailleurs…).

Votre attention est fixée sur votre mouvement, votre direction, le souci de ne pas se retrouver sur le sable, la difficulté de nager en eau peu profonde.

Soudain une vague vous soulève, vous tire doucement vers le large, accomplit avec vous son cercle et vous repose.

Pendant un instant vous avez été ailleurs, le monde vous a porté, vous a bercé, et ce bercement s’est mélangé à tous vos mouvements, à ce mouvement volontaire de la nage, aux mouvements divers de votre esprit.

C’est presque rien, c’est ineffable, c’est un moment suspendu, c’est un instant de pure jouissance.

Et puis plus rien, vous vous retrouvez à nager, les vagues passent au dessus de vous comme d’habitude.

Vous cherchez à retrouver cette sensation. Non, elle ne vient pas.

Et puis de nouveau elle est là. Le temps d’une vague… de deux vagues… C’est tellement fragile, ça ne tient à rien, ça tient à votre oubli de votre volonté, oubli des discours, c’est une pure sensation, c’est être dans le monde, pour un instant, pour cet instant seulement.

 

 

Deuxième exercice.

 

Matériel nécessaire : une plage dans la lumière du matin, pas surpeuplée, pas déserte non plus.

 

Dans la lumière du matin

plage01

 

ou du soir

plage02

 

Vous êtes bien. Vous vous sentez bien. Vous prenez conscience que les gens autour de vous aussi sont bien, se sentent bien. Vous les observez. Et eux, bien sûr, ils vous observent aussi. Vous n’y avez jamais pensé, enfin si, peut-être, sûrement même, mais c’est comme une idée nouvelle qui vous vient.

 

Et puis quelquefois une sorte de miracle se produit. Sur cette plage qui est comme une scène de théâtre, où chacun est sous le regard des autres, et le sait, il arrive que tous ces acteurs improvisés, nous tous abandonnions toute idée de représentation, de duplicité, de tromperie.

Tout le monde se laisse aller à la douceur de l’instant. La mer déverse ses ions négatifs et ses embruns sur vous, sur tous. Une espèce d’ivresse flotte dans l’air.

Les gens ont des comportements bizarres, finalement : celui-ci, peut-être un chef d’entreprise, est assis au bord de l’eau,  il construit un maladroit château de sable avec ses mains. Cette dame respectable marche dans au bord de l’eau, les mains derrière le dos, elle inspecte avec beaucoup de sérieux le clapotis des vagues. Une famille met un temps infini à plier ses affaires pour partir, tous leurs gestes sont au ralenti, comme suspendus dans une éternité provisoire. Deux jeunes amoureux sont allongés l’un à coté de l’autre, lui caresse l’épaule de sa fiancée, avec distraction, avec insistance, dans un geste anodin et hypnotique. Des regards fortuits s’échangent. Des sourires

Ça aussi bien sûr c’est fragile, ça tient à rien. Après tout le monde fait semblant d’oublier, tout le monde reprend ses oripeaux.