« J’ai épousé un homme de glace. »

Un vrai homme de glace.

Mon histoire parait extraordinaire, unique, il n’y en a pas de semblable. Tout le monde dans ma famille m’a rejetée. Maintenant je suis dans la solitude glacée, tout le monde m’a oubliée, peut-être les gens ne me voient même pas.

 

Peut-être une lointaine cousine française aurait pu me comprendre, et partager ma peine :

 

« Maman le vent me fait la cour

le vent me trousse et m’éparpille

le vent me souffle des discours…

 

Il pousse mes volets la nuit…

 

Et je crois qu’un enfant va naitre…

 

Maman mon fils est né ce soir

J’en suis restée toute meurtrie

N’ai pas eu le temps de le voir

Il m’a laissée à ma folie

et le voici parti maman

Aux trousses de son père le vent… »

 

 

J’ai entendu parler d’une possible sœur, de son histoire on a fait un film. Son mari travaillait sur une plate-forme pétrolière. Il a un accident, il est condamné, elle dans sa folie elle le sauve, pour lui elle se sacrifie, lui il a l’air de trouver ça normal, il se rend pas compte. Au moins elle pour se sauver elle parle avec les anges. Et puis elle se sauve pour de bon, elle monte au ciel je crois me souvenir. Pendant ce temps inlassablement les vagues se cassent.

 

Ô vous toutes mes sœurs oubliées sacrifiées

rejetées en marge de la vie des hommes,

cantonnées dans le désert de la fatalité,

méprisées ignorées moquées,

mes innombrables sœurs invisibles,

ne me rejetez pas partagez ma peine,

j’ai épousé un homme de glace.

 

 

L’homme de glace, une nouvelle d’Haruki Murakami, dans le recueil « saules aveugles, femme endormie », ed Belfond.

La femme du vent, une chanson d’Anne Sylvestre.

Breaking the waves, un film de Lars von Trier.