20 avril 2009
amour d’amiens suite 2 : la vierge dorée
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Résumé des chapitres précédents : l’amour d’amiens, c’est sa cathédrale, même si on ne sait pas trop ce que c’est, cette cathédrale, et dieu non plus d’ailleurs (enfin moi je ne sais pas).
Il faut vous dire, pendant des années la cathédrale faisait peine à voir, couverte d’une épaisse couche de crasse et de pollution, désertée, ignorée, livrée aux quatre vents, à l’écart de la ville, alors que sans doute elle en avait été pendant de nombreux siècles le coeur battant.
Et puis il y a eu les travaux de rénovation, la cathédrale a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pendant ce temps là celle qu'on appelle maintenant la « vierge dorée », au portail sud, avait disparu. Elle était soignée, nettoyée, câlinée certainement dans un laboratoire ad hoc, par des gens compétents, dévoués, admirables et qui tous sont tombés j’en suis sûr amoureux de l’objet de leur travail et de leur peine.
Les travaux se sont poursuivis, des hommes ont nettoyé la pierre, ils ont retrouvé la teinte originelle des statues, du décor. C’est bouleversant de voir ça, c’est comme un message qui remonte du passé. Un jour la vierge dorée est réapparue, mais au milieu d’un chantier.
Splendide mais hors d’atteinte. J'ai attendu longtemps, je passais souvent devant elle, impatient de la voir enfin dans son entière splendeur.
Maintenant le chantier est fini. Et la vierge dorée est
toujours hors d’atteinte. Elle tient son enfant dans les bras, son enfant tient
le monde dans sa main, trois petits angelots tiennent derrière elle un mandorle (en fait c’est plutôt une
auréole, mais je préfère dire mandorle, peut-être à cause de ces deux couleurs,
vert et or, de la mandorle…)
Au dessus, les prophètes et autres personnes sérieuses semblent ignorer la scène.
Moi je regarde sans me lasser, je suis bien sur
terre, je reste sur terre, bien loin de ce tableau charmant, léger, aérien.
Il en émane une joie simple : la
joie de l’enfance, de la vie, la joie de l'amour et de l'innocence. La tête de l’enfant n’est
pas beaucoup plus grosse qu’un poing…
Les angelots sont là comme pour casser le tête-à-tête souvent grave, ou douloureux, de la mère et de son enfant. Ils emportent le tableau général dans l’allégresse, loin des représentations plus habituelles de la madone et de son enfant, comme celle qu’il y a à coté, sur le portail de la vierge de la façade…
(Elle est magnifique, elle aussi…)
04 avril 2009
amour d'amiens (suite)
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Résumé du chapitre précédent : l'amour d'Amiens, c'est ça sa cathédrale, bien sûr, mais on ne sait pas bien ce que c'est, cette cathédrale.
Voici la mienne en tout cas, oui, ma cathédrale.
Façade, portail de la vierge. Attitude hiératique des personnages, mais l’ensemble est subtilement rythmé par les inclinaisons et directions différentes des têtes, des mains. Deux statues attirent particulièrement le regard, car elles composent, très discrètement, une belle scène, bien connue, de l’évangile :
Main de Gabriel : enseignement. Main de Marie : réserve,
acceptation.
Voussures du portail principal. Les générations successives
des humains sur Terre, la ronde des incarnations, les vivants qui succèdent aux
morts ; les morts qui soutiennent les vivants.
Lui c’est mon copain. Il a l’air un peu illuminé comme ça,
un peu simplet, mais il est enthousiaste, généreux, prêt à tout pour rendre
service, le cœur sur la main.
Quelquefois un peu exalté.
Je ne sais pas quel personnage c’est. Je pense qu’un ouvrier de la cathédrale lui a prêté ses traits, son allure (car oui, bien sûr, la cathédrale a été construite par des hommes, et ce n’est pas le moindre de ses mystères).
La lumière de la cathédrale, sa lumière intérieure.
Un chef d’œuvre modeste. C’est juste un ange qui soulève une
tenture. La couleur rouge en est admirable, inattendue dans cet univers de
pierre grise.
La figure de l'ange : une douceur, et une tristesse, mystérieuse elle aussi.
L’histoire de Firmin. C’est toujours la même histoire, celle
que raconte inlassablement le christianisme. Firmin arrive, la venue du juste réveille les passions, les curiosités, les interrogations…
... et finalement
la violence, la violence révélée.
À l'extérieur, on retrouve Firmin, son portail. On y voit le zodiaque, accompagné des travaux et des jours des hommes. On se surprend à connaitre et reconnaitre ces images familières. Les cosmos nous accompagne chaque jour, nous le savions mais nous l'avions oublié.
Je sors de la cathédrale, quelquefois j'ai l'impression que dieu m'accompagne et me protège. Mais dieu non plus je ne sais pas ce que c'est.
( À suivre )
01 avril 2009
amour d’amiens
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L’amour d’Amiens, la joie d’Amiens, bien sûr c’est sa cathédrale.
On dit cathédrale, c’est pour dire quelque chose, c’est pour simplifier. En fait, on ne sait pas ce que c’est.
C’est peut-être un vaisseau cosmique prêt à décoller.
C’est une machinerie, une usine à gaz
somptueuse, certes, dans la lumière du couchant.
C’est un machin, en tout cas, quelque chose qui capte l’énergie cosmique, ou alors un accumulateur, un dispensateur d’énergie spirituelle, de vérité.
C’est sûr, ça a été construit par des extra-terrestres, ils l’ont laissée là pour notre enseignement, ou alors par défi, pour que nous nous posions quand même un peu quelques questions, du fond de notre ignorance.
En même temps c’est un peu comme une maison, c’est familier, amical, on s’y retrouve. La façade a quelque chose d’écrasant, mais en fait elle vous redresse le coeur .
L’intérieur est immense mais intime, comme si votre
âme s’y déployait, l’emplissait.
(À suivre.)











