09 août 2007
des échos assourdis de sarkozie
La Sarkozie est un pays nouveau, qui se confond à peu près avec l'ancienne France, mais ne lui est pas tout à fait identique.
Avoir des nouvelles de ce pays n'est pas difficile : il suffit d'allumer la télé, lire des titres des journaux, écouter la radio... Ce serait plutôt d'échapper au pilonnage incessant qui est difficile. Un pas de coté, un regard en biais, et voilà ce qu'on voit :
![]()
C'est dans le dernier acte que le personnage se révèle enfin tel qu'en lui-même. Un adoubement, une confession, une allégeance. Le regard vide et fuyant du traitre, la discrète satisfaction du manipulateur.
Alors à son dernier acte à lui, qu'en sera-t-il, verra-t-on sa vraie nature ?
À moins que brusquement ne se révèle...
En tout cas, une chose est sûre : qui a vaincu par la com', périra par la com'.
En attendant, supporter les provocations :
"Vous souhaitez communiquer sur vos vacances, M le président ?
-Oui. Faites dire que la location coûte 30 000 $ par semaine."
(Charb dans le dernier Charlie-Hebdo)
et les insultes :
"Elle est de la race des seigneurs"
(Cécilia à propos de Rachida, ou l'inverse. Et nous qui ne sommes pas de la race des seigneurs, sommes-nous de celle des esclaves ? des serfs ? sommes-nous la racaille ? )
Que faire contre le tout Sarkozy. Le dénoncer c'est l'aggraver. Se taire c'est l'approuver.
13 mai 2007
oublier sarkozy
Oublier, pour quelque temps encore, oublier Sarkozy pendant que c’est encore possible.
La menace était présente depuis longtemps déjà, et se précisait de jour en jour, mais malgré tout on ne voulait pas y croire, on se disait c’est pas possible, ça ça ne pourra pas passer, les gens vont se rendre compte, ouvrir les yeux, alors en attendant on oubliait, on détournait le regard,on pensait à autre chose, on croyait à la belle apparition féminine, un souffle nouveau, sur nos écrans et dans l’imaginaire collectif.
Eh bien maintenant ce n’est plus une menace, c’est la réalité, et pour quelque temps encore, pour quelques jours, nous sommes dans le no man’s land, dans la pâleur de l’aube où le rêve est encore possible.
Oublier Sarkozy et ses mensonges, oublier le mensonge et la provocation comme méthode de gouvernement.
Oublier Sarkozy et son masque faussement apaisé, qui dissimule bien mal ses grimaces de haine et de mépris.
Oublier Sarkozy et tous les petits sarkozy qui vont proliférer un peu partout, ses petits émules, ses petits clones, qui vont imposer leurs « valeurs », leur « morale », leur « ordre », qui vont vous regarder de travers s’ils sentent que vous ne pensez pas comme eux,et qui vont se sentir insultés si vous le leur dites.
Oublier nos pauvres petites valeurs de gauche, désormais ridicules, la solidarité, le partage, le goût de la justice et de la révolte, la croyance en un monde meilleur où chacun aurait le droit de vivre dignement.
Oublier l’opportunisme qui rend hommage à la victoire, les traitres ET les crétins qui tous se précipitent pour faire allégeance, qui quémandent une place à la table du chef ;
Oublier le malheur des vaincus,la très grande honte des vaincus qui sont responsables par leur légèreté et leur inconstance de tout et du reste, les « incompétents », les « jaloux », qui fort heureusement ont été mis en déroute.
Oublier encore un temps les sombres et nombreuses années qui nous attendent, le règne à quoi rien ne pourra s’opposer de cette hybride de Thatcher et Berlusconi, mâtiné d’une dose encore à évaluer de Big Brother.
Alors, pas d’espoir ? Si, une lueur, une certitude, même, car on ne « liquide » pas l’histoire : « Mai 68, c’est demain ». Je cite de mémoire : Nicolas Sarkozy mettra toute son énergie, tout son talent, à instaurer la nouvelle devise : travail, famille profit. Mais grâce à lui, on peut le dire , mai 68 c’est demain » Philippe Sollers, chez Guillaume Durand, émission esprits libres, 11 mai 2007.
28 avril 2007
pour royal
« Les Français vont-ils oui ou non se soucier de
leur intérêt principal : l’exportation ? Dans ce registre, ils n’ont
pas beaucoup d’efforts à faire pour trouver le produit idéal : c’est
Ségolène Royal. Au cas où ils ne choisiraient pas, à la surprise planétaire
générale, d’élire Ségolène Royal, cela voudrait dire qu’ils ont choisi le repli
sur soi, la résignation, la fatigue, le sécuritarisme, le ressentiment.
« Quand j’ai dit qu’il fallait tenter l’expérience féminine à la présidence de la République, on a cru comprendre que je parlais de la femme en soi . Ce qui serait un machisme à l’envers. Or il ne s’agit pas de la femme mais de cette femme là, de sa façon de se déplacer, de s’habiller, d’utiliser ses bras, de sourire, c'est-à-dire d’une Française très raffinée.
« Royal gêne par sa supériorité paradoxale, puisque
se disant socialiste, elle est, à n’en pas douter, quelqu’un de classe. Regardez
la différence. Prenez Sarkozy. Quel mauvais goût ! Que de clichés
populistes ! Souvenez-vous de cette image pathétique de Sarko sur son cheval
blanc en Camargue. 
Pour dire ensuite qu’il n’avait pas trouvé lors de sa
chevauchée le tracteur de Bayrou
[...]
Comparez avec la
lumineuse apparition de Ségolène à Toulouse, mangeant des yeux Zapatero avec délicatesse,
en appelant à l’axe franco-espagnol. C'est-à-dire la victoire de la République contre le fascisme.
« La grande classe donc c’est Ségolène et c’est ce qui retient de façon maussade et jalouse le peuple de gauche qui n’est pas habitué à cette dimension. Si Ségolène est battue, ce qui est malheureusement et nationalistiquement probable, elle sera brûlée. Et le peuple français aura dit non au monde entier. »
Philippe Sollers, propos recueillis par Jacques Anquetil, le nouvel obs du 26-4-2007.
23 avril 2007
puis redisparait.
Un qui ne risque pas de disparaitre c'est Sarkozy.
Bientôt on va l'avoir au petit-déjeuner, au déjeuner, au 4 heures, au diner, en soirée, et dans nos cauchemars...
Sur toutes les chaines de télé, toutes les radios, en permanence.
C'est pas la présidence de la république qui va le calmer, il faut pas se faire d'illusions.
Ce type là va concentrer tous les pouvoirs dans ses mains.
M'enfin il parait qu'il est républicain, alors, on est sauvé.
Un libéral, mais aussi un humaniste. C'est lui qui le dit : "l'homme n'est pas une marchandise comme les autres" :
Sarko - la marchandise
envoyé par Lenerver
22 avril 2007
...puis réapparait !
Grands sont les mystères du web.
Politique Fiction
envoyé par Neoteko
Quelques autres éléments de documentation :
Bon, ce sont des photos, ça ne veut rien dire, mais quand même...
Voilà du document, du sérieux :
Daniel Schneidermann dans son big bang blog recommande la lecture du rapport de la cimade sur la "circulaire du 13 juin 2006 relative à la régularisation des familles étrangères d'enfants scolarisés" :
"Je n’ai qu’une chose à vous dire : laissez tomber tout ce que vous lisez en ce moment, votre quotidien, vos hebdos, vos bouquins en retard, et lisez-le. Vous pouvez le télécharger. Lisez-le de bout en bout. Infligez-vous les détails de la manière dont la République a traité des êtres humains, en 2006. Lisez tout."
Le livre de Serge Portelli, "ruptures", empêché de paraitre avant les élections, diponible en pdf.
On peut préférer rire de tout ça :
Il faut en profiter, ça pourrait ne pas durer
18 avril 2007
une vidéo disparait...
"Contenu introuvable. Désolé, cette vidéo n'est plus disponible, son auteur l'a supprimé", peut-on lire ci-dessous (dans le message précédent). Et si on suit le lien vers dailymotion : "cette vidéo n'est plus disponible car elle a été supprimée".
Bon.
Il s'agissait d'un habile montage : des images (en noir et blanc) d'un meeting de Sarkozy, mais avec la bande-son changée : au lieu du doux discours équilibré, argumenté, pondéré, de notre bien-aimé lider maximo, nous entendons les vociférations d'Adolf Hitler.
Ce qui évidemment n'a rien à voir.
Mais il y a (il y avait) un effet comique de dévoilement tout à fait irrésistible. La mise en scène grandiloquente, les gesticulations, la masse indistincte et l'idole...
Les commentateurs autorisés regardent ailleurs, mais il y a quand même quelques personnes qui ont été révoltées par ce dernier dérapage. Néoteko est de ceux là, sa vidéo a disparu , on peut se consoler avec celle-là.
De toute façon, s'il y a une bataille que Sarkozy a déjà perdu, c'est celle du net, au moins pour les vidéos : quelques unes, convenues, de propagande "pro", s'opposent à un déluge "anti", où le meilleur côtoie le pire, il faut bien le dire.
Tiens, celle-là est intéressante, quant aux convictions de Sarkozy sur le dépistage précoces des déviants...
14 avril 2007
sur sarkozy
« Je
suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle
n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale. Elle a
inventé les droits de l’homme, et elle est le pays du monde qui s’est le plus
battu pour la liberté. »
(Dans un
meeting, à Nice)
"J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a mille deux cents ou mille trois cents jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense."
(A Michel onfray, philosophie magazine)
SARKOEUGENISME
envoyé par Neoteko
(Un peu outré j'en conviens. Mais l'effet est irrésistible... Le procédé consiste à changer la bande son, et garder la même image. On peut faire le contraire : garder la bande-son, changer l'image Voici ce que ça donne :
Assez révélateur, aussi, non ? On peut voir aussi cette série de 5 vidéos sobrement intitulée "Sarkozy", pour bien se remémorer tout ce qui s'est passé)
« Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom.. Azouz Sarkozy ! (…) » …« J'en ai rien à foutre, de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule… »
(Au téléphone, avec Azouz begag)
" Qui peut me dire que c'est normal d'avoir envie de violer un petit garçon de trois ans ? Est-ce que c'est normal ? Est-ce que c'est un comportement...", s'est interrogé le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle sur France 2. "Je voudrais apporter un témoignage personnel, ça ne m'a jamais traversé l'esprit". "
(Sur France 2. Evidemment, personne ne peut dire que c’est normal d’avoir envie de violer un petit garçon de trois ans, donc ceux qui protestent quand je dis qu’on nait pédophile sont eux-mêmes des pédophiles. Je dis ça parce que ça ne m’a jamais traversé l’esprit, vous n’êtes pas d’accord avec moi parce que vous, ça vous a traversé l’esprit.)
Michel Rocard, dans « le monde » du 13 avril :
« Si Nicolas Sarkozy est élu
dans quelques semaines, nous n'aurons aucune excuse. L'UMP gagnera les
élections législatives qui suivront; et pendant cinq ans, la France va
souffrir.Tous les Français ne souffriront pas de la même façon : les plus
riches vivront encore mieux. Les classes moyennes et les petits salariés
vivront plus mal. Les exclus seront plus seuls que jamais.
[…]
Socialiste et européen
depuis toujours, j'affirme que sur les urgences d'aujourd'hui rien d'essentiel
ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux,
c'est-à-dire les socialistes et les centristes. Sur l'emploi, sur le logement,
sur la dette, sur l'éducation, sur l'Europe, nos priorités sont largement les
leurs. Sur la société, sur la démocratie, sur les femmes, sur l'intégration,
sur la nation, nous partageons les mêmes valeurs. Isolés, ni eux ni nous,
n'avons aucune chance de battre la coalition
de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. »
Coalition de Sarkozy avec Le Pen ??
« Ces dernières années, c’est Chirac qui a fait preuve d’ostracisme à l’encontre du FN, et non pas l’inverse. Chirac ne voulait pas parler avec nous. Si M. Sarkozy veut parler avec tous les partis politiques y compris le Front national, c’est une ère nouvelle, oui. Si Sarkozy dit qu’il est d’accord pour un rapprochement, pourquoi pas ? » (Le Pen, au figaro du 11 avril)
« Mais si je veux être tout à fait honnête, Ségolène est plus à droite que Jospin, je suis plus à droite que Chirac, Bayrou est plus à droite que Lecanuet. Finalement, celui qui est moins à droite qu'avant, c'est Le Pen ! » (Sarkozy, au libération du 12 avril)
« Néanmoins, Jean-Marie Le Pen estime que le candidat de l'UMP est un homme "avec qui on peut parler", rappelant avoir été invité deux fois par Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur pour "parler de problèmes de technique électorale." "Je n'ai pas de contentieux personnel avec Nicolas Sarkozy comme j'en avais avec Jacques Chirac. Je ne vois pas pourquoi je ne parlerais pas avec lui", insiste-t-il. » (l’express du 12 avril)
« L'instauration d'une dose de proportionnelle pourrait permettre aux partis "extrêmes", tels que le FN, d'entrer au Parlement. Pour Brice Hortefeux, "ce n'est pas le sujet" car "une formation importante, dès lors qu'elle est légale, doit pouvoir y participer". […] La suggestion de Brice Hortefeux s'apparente pour Jean-Marie Le Pen à "des miettes que l'on donne en fin de campagne". Le dirigeant du FN a nié toute discussion pour le moment avec des proches de Nicolas Sarkozy en vue notamment des élections législatives de juin mais n'a pas exclu d'appeler le candidat de l'UMP entre les deux tours de scrutin. "Je ne me l'interdis pas, en tout cas", a-t-il dit. » (le monde du 13 avril)
15 mars 2007
Ministère de l’immigration et de l’identité nationale
Ministère
des sales étrangers et des bons français.
Ministère de ceux qui viennent bouffer notre pain et de la défense de notre vaillante baguette nationale.
Ministère des arabes et des bretons, du Zambèze et de la Corrèze.
Ministère du bruit, de l’odeur et du nettoyage au kärcher.
Ministère de la France quittez la et de la France aimez la.
Ministère de la racaille et des bons citoyens.
Ministère des terroristes et des fachos.
Ministre pressenti : Jean-Marie Le Pen. Ou Bruno Megret, peut-être plus discret, plus proche de nous, plus convenable, tout de même.
Bien entendu il est ignoble de penser que tout cela est ignoble. À ce nationalisme identitaire ne manque plus d’ailleurs que le volet social, nous créerons ainsi une identité nationale et socialiste , heil ! Socialisme n’est pas un gros mot, pas plus qu’ identité et nationale, n’est-ce pas ?
À part ça Sarkozy n’est pas facho, non, et Le Pen est de centre droit. Il est de la plus haute importance d’ailleurs que la douce voix modérée des idées nationalistes du front national soit présente dans la campagne électorale, puis au deuxième tour, puis dans un gouvernement d’union nationale, qui regrouperait toutes les énergies de la vraie France qui appartient aux vrais français, à l’identité si fragile, si mal assurée face au déferlement du mondialisme, de l’immigré, de l’étranger, du sans-papier, du travailleur clandestin…
Le Pen au deuxième tour, oubliez ce cauchemar. Sarkozy est là pour nous en protéger, il le dit lui-même. Et il parait en effet certain que de toutes façons il sera présent, lui… Alors, à quoi bon cette vieille lune lepeniste ? Le Pen l’a rêvé, Sarkozy le fera !
29 novembre 2006
il ne faut faire aux musulmans nulle peine, même légère
Depuis l’offense de Benoît XVI à l’égard de l’islam,…
Elise Massicard, sociologue à l'EHESS et spécialiste de la Turquie, justifie la méfiance des Turcs à l’égard de la visite de Benoît XVI dans le pays. cafebabel.com
Henri Tincq, Le Monde, 25-11-2006
Anne Roy, "L'Humanité", 28-11-2006
L'Eglise
orthodoxe espère que la visite du Pape encouragera Ankara à respecter davantage
les droits des minorités chrétiennes.
RTBF, 29-11-2006
Mais son discours de septembre à l'université de Ratisbonne
a paru souligner les différences entre christianisme et islam en établissant un
lien entre ce dernier et la violence - ce que le pape a démenti face aux réactions
de colère des musulmans.
[…]
Les déclarations faites par le souverain pontife pour sa
première visite officielle dans un pays musulman semblent propres à corriger
les effets de son discours en Allemagne, qui avait provoqué des attaques contre
des églises dans le monde musulman et le meurtre d'une religieuse italienne en
Somalie.
Reuters, 29-11-2006
Henri Tincq, Le Monde, 30-11-2006
"Malgré l'offense qui a été faite, la Turquie recevra le pape avec tous les égards dus à sa personne. Nous sommes dès lors en droit d'attendre de sa part des gestes significatifs concernant l'islam et la Turquie".
"De toute façon, le pape actuel n'est pas favorable au dialogue avec l'islam. Ainsi, il ne s'est même pas excusé après ses propos insensés sur l'islam et le prophète Mahomet."
"Le nouveau pape a pris des positions qui apportent de l'eau au moulin de ceux qui associent systématiquement l'islam à la violence."
"Certes, il ne s'agit pas de minimiser les propos blessants du pape à l'encontre des musulmans, mais de là à comparer sa visite aux croisades …"
Différents éditorialistes
turcs, cités par Pierre Vanrie, dans le Courrier International, revue de
presse, 29-11-2006
Benoît XVI a profité de l'occasion pour saluer la mémoire
d'un prêtre catholique tué par balle en février dernier, en Turquie, dans la
foulée de l'affaire des caricatures de Mahomet.
Canoë, 29-11-2006
Le porte-parole religieux officiel, Ali Bardakoglu, a fait allusion à son discours de Ratisbonne. « Nous les musulmans condamnons tous les types de violence », a-t-il assuré, en regrettant qu'une vague d'islamophobie laisse aujourd'hui croire le contraire.
Agnès Gruda, La presse,
Ankara, 29-11-2006
Lors de la
controverse de Ratisbonne, le vice-président du groupe parlementaire de l'AKP à
l'Assemblée nationale, Salih Kapusur, n'avait pourtant pas hésité à comparer
Benoît XVI à Hitler et à Mussolini. Il exprimait alors un point de vue
largement partagé par la base du mouvement d'Erdogan [l'AKP]. Contesté par une
opinion publique devenue eurosceptique, il [Erdogan] se trouve désormais en
porte-à-faux avec une partie de son camp. Mais les aléas de la politique
intérieure ne devraient pas l'empêcher de poursuivre ses numéros
d'équilibriste. Un exercice dans lequel il est devenu un indéniable
spécialiste.
Le Figaro, 29-11-2006
Le pape qui avait exprimé son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE du fait de son identité musulmane vient d’une certaine manière demander repentance à la Turquie en entamant ce voyage dans ce pays. Et à travers la Turquie demander pardon à la communauté musulmane pour les propos tenus par le pape à Berlin.
Omar Berbiche, El Watan,
29-11-2006
En Turquie, le pape Benoît XVI cherche à racheter sa gaffe sur le lien entre islam et violence. Il en va de son devoir. Le souverain pontife a complètement erré en faisant cet amalgame.
Jean-Marc Salvet, Le soleil,
28-11-2006
22 octobre 2006
le discours de ratisbonne : ce que le pape a dit
Un très beau dicours, un très beau texte, à lire et à relire. Un texte qui dérange apparemment les musulmans, mais peut-être pas seulement. Un texte qui peut déranger tout un chacun (j'en suis) qui a définitivement mis au rayon des vieilles lunes et des superstitions stupides des concepts tels que "foi" , "dieu", "théologie".
Benoît XVI défend sa foi, la foi chrétienne, d'une façon claire et raisonnée. Il tourne le dos à un vague syncrétisme, à un dialogue interreligieux convenu et inutile. On ne peut pas le lui reprocher.
Le titre de discours est : "Foi, Raison et Université. Mémoires et réflexions". Il semble qu'on en ait quelque peu oublié le coté universitaire :
C'est pour
moi un moment de grande émotion de me trouver une nouvelle fois dans cette
université et de pouvoir une nouvelle fois donner un cours.
Dans son introduction, Benoît XVI se souvient de son travail d'enseignant à l'Université de Bonn, et de la manière dont la théologie s'insérait naturellement dans le travail universitaire :
Sans aucun doute, l'université était
également fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu'elles
aussi, en s'interrogeant sur la dimension raisonnable de la foi,
accomplissaient un travail qui nécessairement fait partie du "tout"
de l'universitas scientiarum,
même si tous pouvaient ne pas partager la foi, dont la relation avec la raison
commune est l'objet du travail des théologiens.
Dans le contexte du thème "foi et raison", il évoque le désormais célèbre empereur Manuel II paléologue. Il en fait deux citations, et on peut se demander en fait laquelle dérange le plus certains musulmans, ou certains critiques :
"Montre-moi donc ce que Mahomet a
apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et
inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il
prêchait".
ou bien :
"Dieu n'apprécie pas le sang — dit-il
—, ne pas agir selon la raison , sun
logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme,
non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a
besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la
violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas
besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper ni de quelque
autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de
mort..."
En tout cas la position de Benoît XVI au sujet de la violence est sans ambiguïté. Les deux citations sont articulées entre elles par ses paroles :
L'empereur, après s'être prononcé de manière
si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la
diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La
violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme.
« La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme »… Voilà de quoi faire méditer ceux qui, imprégnés de relativisme culturel et de culpabilité occidentale, ont été chercher dans la bible et, de manière plus problématique, dans l'évangile, des paroles d' "inouïe violence", pour bien établir que, bien sûr, toutes les religions se valent, sont également porteuses de violence… Eh bien non, il semble que le christianisme ait définitivement tourné le dos à la tentation de la violence... Ce qu'a n'a pas encore fait l'islam, nous en avons hélas des preuves tous les jours.
Bon, passons à autre chose.
Le point important est que Benoît XVI introduit ainsi le thème principal de son discours : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. Benoît XVI voit dans cette conviction le point crucial où foi chrétienne et raison grecque se rapprochent, s'unissent :
La conviction qu'agir contre la raison
serait en contradiction avec la nature de Dieu, est-elle seulement une manière
de penser grecque ou vaut-elle toujours et en soi ? Je pense qu'ici se
manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens
du terme et ce qu'est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible.
Ce rapprochement est présent dès l'origine du christianisme : "Au commencement était le logos", nous dit l'évangéliste Jean. Il n'est pas dû au simple hasard, il est nécessaire, il a ses racines dans l'ancien testament, il est consubstantiel à l'histoire du christianisme et à sa diffusion :
Fondamentalement, [au sujet de la
traduction grecque de l'Ancien Testament réalisée à Alexandrie] il s'agit d'une rencontre entre la foi et
la raison, entre l'authentique philosophie des lumières et la religion. En
partant véritablement de la nature intime de la foi chrétienne et, dans le même
temps, de la nature de la pensée grecque qui ne faisait désormais plus qu'un
avec la foi, Manuel II pouvait dire : Ne pas agir "avec le logos" est
contraire à la nature de Dieu.
Il accompagne le développement du christianisme jusqu'au début de l'époque moderne, malgré quelques remises en cause de théologiens comme Duns Scott. Benoît XVI insiste :
En opposition à cela, la foi de l'Église
s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit
créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans
laquelle — comme le dit le IVe Concile du Latran en 1215 — les dissemblances
sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas
au point d'abolir l'analogie et son langage.
Ce rapprochement est un fait décisif de l'histoire universelle, « un fait qui nous crée des obligations aujourd'hui encore ». Il est à l'origine et demeure le fondement « de ce que l'on peut à juste titre appeler l'Europe ».
À partir de l'époque moderne apparaissent des mouvements de « des-hellénisation » du christianisme.
Le premier de ces mouvements est celui de la Réforme, au XVIe siècle. Les réformateurs veulent retrouver la foi dans son sens véritable et originel, et pour cela il faut la libérer de la métaphysique. Kant pousse cette logique jusqu'au bout : « Ainsi a-t-il [Kant] ancré la foi exclusivement dans la raison pratique, en lui niant l'accès au tout de la réalité. »
À ce mouvement succède celui de la théologie libérale du XIXe et de XXe siècle. Il vise à réduire le christianisme à un humanisme, le libérant de tout aspect philosophique ou théologique, la théologie devenant alors une science historique. Ceci est en accord avec l' « autolimitation » moderne de la raison, que Benoît XVI circonscrit ainsi :
D'une part, on présuppose la structure
mathématique de la matière, sa rationalité intrinsèque, pour ainsi dire, qui
rend possible sa compréhension et son utilisation dans son efficacité
opérationnelle : ce présupposé de fond est pour ainsi dire l'élément
platonicien dans le concept moderne de la nature. D'autre part, on envisage
l'"utilisabilité" fonctionnelle de la nature selon nos objectifs, où
seule la possibilité de contrôler vérité et erreur à travers l'expérience
fournit une certitude décisive.
Cette évolution de la conception de la raison a pour effet de réduire et la diversité de la science, (les sciences humaines cherchant à se rapprocher du canon mathématico-empirique), et le domaine de la raison (la question de Dieu est dorénavant rejetée de ce domaine). « Alors c'est l'homme lui-même qui devient victime d'une réduction » :
Car les interrogations proprement humaines,
c'est-à-dire celles concernant les questions sur "d'où" et "vers
où", les interrogations de la religion et de l'ethos, ne peuvent alors pas
trouver de place dans l'espace de la raison commune décrite par la
"science" interprétée de cette façon, et elles doivent être déplacées
dans le domaine du subjectif. Le sujet décide, à partir de ses expériences, ce
qui lui apparaît religieusement possible, et la "conscience"
subjective devient, en définitive, la seule instance éthique
Enfin le troisième temps de la deshellénisation du christianisme est celui, actuel, de l'inculturation : la rencontre du christianisme avec le monde grec a été une première inculturation, elle doit laisser la place à d'autres inculturations dans sa rencontre avec d'autres civilisations. Pour Benoît XVI, cela est vrai en partie seulement, tant la synthèse de la foi et du logos grec est le fondement du christianisme.
Dans sa conclusion, Benoît XVI affirme qu'il ne pense pas à un quelconque retour en arrière, à une remise en cause des convictions de l'époque contemporaine. Il propose au contraire
un élargissement de notre concept de raison
et de l'usage de celle-ci. Car malgré toute la joie éprouvée face aux
possibilités de l'homme, nous voyons également les menaces qui y apparaissent
et nous devons nous demander comment nous pouvons les dominer. Nous y
réussissons seulement si la raison et la foi se retrouvent unies d'une manière nouvelle
; si nous franchissons la limite auto-décrétée par la raison à ce qui est
vérifiable par l'expérience, et si nous ouvrons à nouveau à celle-ci toutes ses
perspectives.
C'est aussi la condition d'un véritable dialogue des cultures et des religions : « Une raison qui reste sourde face au divin et qui repousse la religion dans le domaine des sous-cultures est incapable de s'insérer dans le dialogue des cultures. »
« Depuis longtemps l'Occident est menacé par cette aversion contre les interrogations de sa raison, et ainsi il ne peut subir qu'un grand dommage. » Cela sonne comme un diagnostic impitoyable de notre état d'aveuglement, et comme un avertissement clair.
Revenant à son point de départ, Benoît XVI termine en disant :
"Ne pas agir selon la raison, ne pas
agir avec le logos, est contraire à la nature de Dieu" a dit Manuel II,
partant de son image chrétienne de Dieu, à son interlocuteur persan. C'est à ce
grand logos, à cette ampleur de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs
dans le dialogue des cultures. La retrouver nous-mêmes toujours à nouveau, est
la grande tâche de l'université.
Loin des polémiques déplacées qu'il a suscitées, et qui en masque la véritable nature, nous avons affaire à un texte d'une grande tenue. Rien de ce qu'il dit ne peut être négligé, ni balayé d'un geste désinvolte, à mettre au compte d'une quelconque calotte, d'une quelconque secte frileuse, d'une assemblée de fanatiques aveuglés et exaltés. On y sent à tout moment la lumière de la raison. Loin de tous les sectarismes, de nouvelles réflexions, de nouvelles perspectives s'ouvrent à nous. Il reste maintenant à examiner, à argumenter, à réfléchir. Sans aucun doute un texte qui fera date.
On peut lire le texte intégral du discours de Ratisbonne par exemple ici .










